STE MARGUERITE-MARIE
Les apparitions
Peu après son entrée au monastère, elle reçoit, d'après son propre témoignage, plusieurs apparitions privées du Christ. La plus célèbre de ces apparitions est celle de juin 1675 : Jésus lui montre son cœur en disant « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, […] jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart qu'ingratitude ». Une autre fois, il lui dit « Mon divin Cœur est […] passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier ». Dès lors, Marguerite-Marie se dit investie par Jésus de la mission d'établir une dévotion particulière envers le Sacré-Cœur.
Selon elle, le Christ lui confie une autre mission : le 17 juin 1689, il demande au roi de France Louis XIV la consécration de la France à son Sacré-Cœur et sa représentation sur les étendards du royaume.
Tout comme la demande de consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie, cette demande est restée lettre morte. Certains auteurs (notamment l'abbé Émile Bougaud dans son Histoire de la Bienheureuse Marguerite-Marie, Poussielgue, 1874, ou le Chanoine Crépin, dans un article du Bulletin de l'Œuvre du Sacré-Cœur de Montmartre, Octobre 1915) ont observé que c'est exactement 100 ans plus tard, le 17 juin 1789, que le Tiers état se proclame Assemblée nationale, créant ainsi la rupture avec la France de Clovis. À l'inverse, le cardinal Billot, dans Le Figaro du 4 mai 1918, tout en rappelant l'excellence de la dévotion au Sacré-Cœur, fait part de ses doutes sur l'authenticité de cette demande particulière adressée à Louis XIV et surtout expose les obstacles théologiques et pratiques qu'elle impliquerait selon lui.
La vénération du Sacré-Cœur
Ces manifestations lui valurent d'être mal considérée par le reste des membres de la communauté, qui la traitaient de « visionnaire », au point que sa supérieure lui intima l'ordre de se plier à la vie commune. Cependant, son obéissance, son humilité et sa charité envers ceux qui la persécutaient finirent enfin par l’emporter et sa mission vint à être reconnue par ceux-là même qui lui avaient montré la plus forte opposition. Avec l’aide du père Claude La Colombière, son « vrai et parfait ami », Marguerite-Marie fera connaître le message que Jésus lui aurait adressé. C’est le début du culte du Sacré-Cœur. Marguerite-Marie établit la pratique de l'Heure Sainte, qui pour elle consiste à prier, étendue par terre, le visage contre le sol depuis onze heures du soir jusqu'à minuit le premier jeudi de chaque mois, afin de partager la tristesse mortelle qu'avait supportée le Christ, quand il fut abandonné à son agonie par ses Apôtres, puis à recevoir le lendemain la Communion. Selon elle, le Christ lui aurait confié désirer que soit célébrée une fête en l'honneur de son Cœur le vendredi qui suit l'octave de la fête de son Corps ; et il aurait appelé la religieuse « disciple bien-aimée du Cœur Sacré » et héritière de tous Ses trésors. Au cours de sa dernière maladie, elle refuse tout soulagement, ne cessant de répéter « Ce que j’ai dans le Ciel et ce que je désire sur la terre, c’est toi seul, ô mon Dieu » et elle meurt en prononçant le nom de Jésus.
Le procès en canonisation
L'ouverture de l'enquête diocésaine en vue d'une béatification a lieu le 15 octobre 17145.
La discussion au sujet de la mission et des vertus de Marguerite-Marie se poursuit pendant des dizaines d'années. On soumet à l’examen la totalité de ses actions, de ses révélations, de ses maximes spirituelles et de son enseignement concernant la dévotion au Sacré-Cœur, qu’elle avait exposé et dont elle était l'apôtre. À terme la Sacrée congrégation des rites émet un vote favorable et le 30 mars 1824, cent trente quatre ans après sa mort, le pape Léon XII la proclame vénérable. Le 19 août 1864, à la suite de la reconnaissance par l'Église de trois miracles, le bref de béatification est signé sous le pontificat de Pie IX. La cérémonie de béatification a lieu le 18 septembre 1864 à Rome.
Marguerite-Marie Alacoque est canonisée par Benoît XV le 13 mai 1920.
Ses restes reposent dans la chapelle de la visitation à Paray-le-Monial.